Derrière les murs, le patrimoine bâti de Pont-Rouge

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Dans le cadre du 150e anniversaire de sa municipalité, la Corporation des lieux historiques de Pont-Rouge présente une exposition sur l’architecture patrimoniale à la Maison Déry. Découvrez l’histoire de certaines maisons marquantes et retracez l’évolution des styles architecturaux ponctuant le paysage Pont-Rougeois.

 Les maisons recèlent d’histoires enfouies entre leurs murs. Elles en ont vu passer des femmes et des hommes, des familles nombreuses et des veillées. Elles en ont vu s’étaler des générations. Elles ont abrité et réchauffé ceux qui ont contribué à forger la paroisse, à bâtir les chemins, à nourrir la tablée, à travailler aux champs et dans les manufactures.

C’est par le biais de l’architecture de ces maisons, de l’histoire de ceux qui y ont vécu et celle des objets oubliés à l’intérieur que s’est échafaudé cette exposition présentant différents moments de l’occupation du territoire : d’avant la création de la paroisse jusqu’au début du 20e siècle.

Neuf résidences aux styles architecturaux représentant les époques et les modes ont été sélectionnées pour raconter l’histoire de Pont-Rouge. Nous suivrons son évolution en faisant parler les objets trouvés par les propriétaires, témoignant de la vie d’avant. Dénichés au grenier, laissés dans la cave, trouvés entre les murs en rénovant, légués par d’anciens habitants ou enterrés dans la cour, ces artéfacts racontent le passé de certains personnages ayant marqué la région.

La brève histoire de l’occupation du territoire pontrougeois

Bien que la paroisse fête ses 150 ans, les premiers peuplements près des rives de la Jacques-Cartier datent du début de la colonisation. En 1653, la région de Pont-Rouge fait partie de la seigneurie de Neuville[1]. Le premier secteur habité est celui du rang du Bois-de-l’Ail en 1739, suivit des rangs de Capsa, de l’Enfant-Jésus et de Fossambault vers 1797[2]. Résidant loin de l’église de Neuville où il fallait se rendre tous les dimanches, les premiers Pontrougeois commencèrent à réclamer leur paroisse[3]. Après avoir essuyé quelques refus auprès des autorités religieuses, la population obtient l’accord de l’archevêque de Québec, le 15 avril 1867. Mgr Baillargeon signe l’érection canonique de Saint-Jeanne-de-Neuville (qui deviendra Sainte-Jeanne-de-Pont-Rouge), à partir de terres situées à Cap-Santé, Saint-Basile et Neuville.

Le développement du village est étroitement lié au développement des voies de communication, notamment ses deux ponts et la construction du chemin de fer (1874-1877). Le pont Déry (1804), qui assurait le passage du courrier entre Montréal et Québec, alors payant, a entraîné la construction d’une deuxième voie de communication, le pont rouge (1825). Gratuit, ce deuxième lien développa dans son sillage le noyau villageois.

En 1911, Pont-Rouge est scindé en deux. Alors que dans la paroisse, 80 % de la population vit d’agriculture, le secteur agricole emploie seulement 11 % de la main d’œuvre dans le village[4]. Ce découpage forge un noyau villageois manufacturier dense dont le pourtour, à la superficie sept fois plus importante, abrite le garde-manger du village. Cette séparation est jugée nécessaire afin d’éviter les conflits, car les habitants du village réclamaient des services qui n’étaient pas demandés par ceux de la paroisse : éclairage et asphaltage des rues, entretien des chemins l’hiver, aqueducs, protection contre les incendies. Ce n’est qu’en 1996 que la désignation « Ville de Pont-Rouge » réunifia les deux entités.

[1]              Steeve Alain, Pont-Rouge, Corporation du Vieux Moulin Marcoux, 1992, p. 14

[2]              Ibid, p. 18.

[3]              Histoire de Pont-Rouge, 1867-1967, 1967, p. 34

[4]              Germain Julien, La naissance d’un village manufacturier. Pont-Rouge (1768-1911), Pont-Rouge, p. 8